De l’art dans la relation de soin : Levinas et l’esthétique relationnelle

FABRICE MÉTAIS

Quelle peut être la place de l’art et du beau dans la relation de soin ?
Si, de fait, une démarche artistique peut avoir un effet thérapeutique sur celui qui la pratique, c’est dans une perspective relationnelle – entre l’artiste et l’autre – que nous voudrons envisager la question : quelles sont les tensions et les points d’accroche qui unissent et différencient l’expérience esthétique et la relation éthique. On pourrait d’abord penser – avec, par exemple, les poètes du Parnasse – qu’il en va pour l’art de son essence d’être indépendant de l’engagement subjectif, cherchant l’absolu, et, par là, l’universalité. On pourrait penser également que l’art, en tant qu’image, représentation, détourne le regard du sujet de sa responsabilité envers l’autre : l’art et l’éthique seraient alors en porte-à-faux l’un par rapport à l’autre. Cependant, en cherchant un dialogue entre la philosophie/éthique de Levinas et les pratiques artistiques contemporaines relevant de l’esthétique relationnelle, nous voudrons évaluer la possibilité d’un art qui se donne, un art dont la signifiance viendrait d’abord de l’asymétrie radicale propre à la situation de soin, un art dépouillé de ses ambitions universalistes, signifiant avant tout à travers la singularité du lien unissant l’artiste à l’autre.

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